Archive pour la catégorie ‘histoire’

L’histoire du  Palais-Bourbon  est indissociable de celle de l’hôtel de Lassay.  Les deux hôtels de plaisance furent en effet construits sur un terrain au bord de la Seine, acquis par la duchesse de Bourbon, sœur du duc du Maine et du comte de Toulouse,  pour elle et son ami le marquis de Lassay entre 1722 et 1728. Peu après, l’hôtel de Lassay fut incorporé au domaine qui prit le nom de Petit-Bourbon.  Acheté ensuite par Louis XV, puis par le prince de Condé qui l’embellit, il est confisqué sous la Révolution. Déclaré bien national en 1791, le Palais Bourbon  abrite la future Ecole Polytechnique, puis sous le Directoire, le Conseil des Cinq-Cents. En 1798, un premier hémicycle est construit dans le grand appartement de la duchesse pour recevoir les cinq-cents députés. Entre-temps, l’hôtel de Lassay réuni à son voisin par une galerie, abrite à son tour l’Ecole Polytechnique, puis devient la résidence du président de l’Assemblée.

En 1807, Napoléon fait élever la façade actuelle par l’architecte Poyet, en biais par rapport à l’alignement du quai et surélevée grâce à une envolée de trente marches de façon à être visible de la place de la Concorde. Son austère colonnade et le fronton allégorique sont  en harmonie avec le péristyle grec de la Madeleine.

coll.privé

En 1827, le Palais Bourbon est acquis par l’Etat pour y installer la Chambre des Députés . L’hémicycle est transformé en 1829 par l’architecte Jules de Joly et prend alors sa forme actuelle

Le fauteuil du président sculpté par Lemot date du Conseil des Cinq-Cents.

Les  plafonds de la bibliothèque, construite en 1830, ont  été décorés par Delacroix. Elle contient 700 000 volumes

col.privé

En 1845, la galerie qui reliait les deux  hôtels est transformée par le même architecte et devient la Galerie des Fêtes,  richement décorée et inaugurée en 1848. Elle sert de passage au président de l’Assemblée quand il quitte l’hôtel de Lassay pour se rendre en séance.

Le Palais-Bourbon est alors profondément remanié. L’hémicycle est entouré de plusieurs salles ou salons (Salle des Pas-perdus, salon Delacroix, salon Casimir Périer , salon Pujol), reliés entre-eux et empruntés par les parlementaires, les membres du gouvernement et la presse  Des escaliers latéraux permettent à la presse et au public d’accéder à la galerie supérieure qui domine les travées, la tribune des orateurs et le bureau du président appelé le « perchoir ». Les débats font l’objet d’une version numérisée disponible sur le site officiel de l’Assemblée nationale.

Le salon Casimir Périer donne accès à l’hémicycle par deux escaliers latéraux, l’un à droite, l’autre à gauche, cette distinction sur le plan politique datant de la Révolution. Il s’ouvre également sur la Cour d’Honneur qui servait d’entrée à la duchesse de Bourbon par  la rue de l’Université. C’est le seul vestige de cette époque avec la salle des Conférences, ancienne salle à manger de la duchesse.

La Cour d’Honneur accueille en son centre depuis 1989, la sphère des Droits de l’Homme.

Portail du monastère

Nous sommes habitués à l’animation  au moment de la sortie des élèves de l’externat Sainte - Jeanne d’Arc, 27 rue des Imbergères , mais qui se souvient du monastère situé au n° 29 ?

Ce monastère était occupé par des religieuses dont l’ordre fut fondé  par Isabelle de Clermont-Tonnerre, petite fille du duc de Clermont-Tonnerre,  ministre de la Guerre de Charles X, qui comptait dans sa lignée familiale plusieurs saints canonisés, notamment saint Bernard, saint Amédé et sainte Chantal veuve du comte d’Orsel.

Veuve, Isabelle entra en religion. Devenue  Mère Isabelle Marie de Gesthémanie,  elle entreprit de fonder un ordre de religieuses cloîtrées, contemplatives,  qui prient : c’est la définition des “Orantes”. Elles dépendent de l’ordre de l’Assomption créé en 1845, par le père Emmanuel d ‘Alzon. A côté des orantes cloîtrées à blanche tunique, les sœurs “tourières” habillées de noir assurent la liaison avec le monde extérieur.

La communauté s’installe en avril 1919, reprenant les locaux et le parc d’un hectare,  occupés par l’Institution Maintenon, pensionnat qui ferma ses portes définitivement à la rentrée de 1918.

Mère Isabelle cherchait pour ses religieuses entièrement vouées à la prière un lieu calme, champêtre et sain. Une épidémie de grippe espagnole venait en effet de décimer la communauté parisienne. Une soixantaine de religieuses cloîtrées vécurent, très discrètement dans notre ville jusqu’en 1969. On ne les voyait guère, quelques échos de leur vie étaient donnés régulièrement dans le journal paroissial “La Flèche de Sceaux”. Ce fut un événement quand, pour participer en 1946 aux élections municipales comme toutes les femmes, elles sortirent par petits groupes du monastère .

Quand elles décident de vendre et d’aller s’installer à Bonnelles, dans les Yvelines, pour retrouver le calme et l’espace  qu’elles avaient perdus à Sceaux,  les Scéens s’inquiètent et craignent la construction d’immeubles modernes,  qui ferait perdre son caractère à une des plus anciennes rues de Sceaux. Plusieurs propositions sont faites dont la construction d’ateliers d’artistes.

Finalement, le bâtiment du pensionnat, toujours visible, fut repris par l’externat Sainte –  Jeanne d’Arc ; la résidence Paul Couderc fut construite en retrait de la rue, des bâtiments discrets sont dispersés dans le parc préservant quelques arbres ;  d’autres furent plantés conservant un espace de verdure  autour d’un bassin .Le gymnase de l’école  du centre fut démoli et reconstruit en face pour laisser place à des logements sociaux .

Ce fut le début des transformations dans la rue des Imbergères.

L’année 2011 a été marquée par le 90ème anniversaire de l’inauguration du monument aux Morts.

Comme toutes les communes de France, Sceaux en 1919 décide d’ériger un monument aux Morts à la mémoire des combattants de la Grande Guerre.

Un comité se met en place, présidé par le commandant Pilate maire de la ville durant le conflit ; son prédécesseur, S.Château en est le président d’ honneur. Ce monument fut inauguré le 24 juillet 1921 par Paul Laffont sous-secrétaire d’état aux Postes et Télégraphes, le Gouverneur militaire de Paris ayant décliné l’invitation de la ville de Sceaux.

Erigé dans la cour de la mairie et non dans le jardin de la Ménagerie comme prévu, la Société propriétaire des lieux à l’époque ayant émis un refus. Ce monument ” Terre de France ” est l’oeuvre du sculpteur Maxime Del Sarte, par ailleurs médaillé militaire et décoré de la croix de guerre.

Une paysanne personnifiant la France tient dans une main un épi et jette un regard sur la sépulture d’un combattant suggérée par un casque surmonté d’une croix. Sur trois côtés sont gravés les noms des 193 Scéens ” morts pour la Patrie ” . Sur le socle qui fait façe à la rue se retrouve l’insertion suivante :

Aux combattants de la Grande Guerre

1914- 1918

La Ville de Sceaux

La Société d’Histoire locale “Les Amis de Sceaux” a participé activement à l’ouvrage réalisé par la Ville de Sceaux rappelant le contexte historique et révélant qui étaient les 193 soldats scéens disparus lors de la Grande Guerre le redonnant ainsi quelque humanité.