Portail du monastère

Nous sommes habitués à l’animation  au moment de la sortie des élèves de l’externat Sainte - Jeanne d’Arc, 27 rue des Imbergères , mais qui se souvient du monastère situé au n° 29 ?

Ce monastère était occupé par des religieuses dont l’ordre fut fondé  par Isabelle de Clermont-Tonnerre, petite fille du duc de Clermont-Tonnerre,  ministre de la Guerre de Charles X, qui comptait dans sa lignée familiale plusieurs saints canonisés, notamment saint Bernard, saint Amédé et sainte Chantal veuve du comte d’Orsel.

Veuve, Isabelle entra en religion. Devenue  Mère Isabelle Marie de Gesthémanie,  elle entreprit de fonder un ordre de religieuses cloîtrées, contemplatives,  qui prient : c’est la définition des “Orantes”. Elles dépendent de l’ordre de l’Assomption créé en 1845, par le père Emmanuel d ‘Alzon. A côté des orantes cloîtrées à blanche tunique, les sœurs “tourières” habillées de noir assurent la liaison avec le monde extérieur.

La communauté s’installe en avril 1919, reprenant les locaux et le parc d’un hectare,  occupés par l’Institution Maintenon, pensionnat qui ferma ses portes définitivement à la rentrée de 1918.

Mère Isabelle cherchait pour ses religieuses entièrement vouées à la prière un lieu calme, champêtre et sain. Une épidémie de grippe espagnole venait en effet de décimer la communauté parisienne. Une soixantaine de religieuses cloîtrées vécurent, très discrètement dans notre ville jusqu’en 1969. On ne les voyait guère, quelques échos de leur vie étaient donnés régulièrement dans le journal paroissial “La Flèche de Sceaux”. Ce fut un événement quand, pour participer en 1946 aux élections municipales comme toutes les femmes, elles sortirent par petits groupes du monastère .

Quand elles décident de vendre et d’aller s’installer à Bonnelles, dans les Yvelines, pour retrouver le calme et l’espace  qu’elles avaient perdus à Sceaux,  les Scéens s’inquiètent et craignent la construction d’immeubles modernes,  qui ferait perdre son caractère à une des plus anciennes rues de Sceaux. Plusieurs propositions sont faites dont la construction d’ateliers d’artistes.

Finalement, le bâtiment du pensionnat, toujours visible, fut repris par l’externat Sainte –  Jeanne d’Arc ; la résidence Paul Couderc fut construite en retrait de la rue, des bâtiments discrets sont dispersés dans le parc préservant quelques arbres ;  d’autres furent plantés conservant un espace de verdure  autour d’un bassin .Le gymnase de l’école  du centre fut démoli et reconstruit en face pour laisser place à des logements sociaux .

Ce fut le début des transformations dans la rue des Imbergères.

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