Archive pour mars 2012

1° Le cimetière de l’église.

Dans l’Antiquité les Romains enterraient leurs morts hors des villes. Au Moyen-Âge, par contre, pour se rapprocher le plus possible du lieu sacré, les défunts sont inhumés autour des églises et même dans les églises. Les plus pauvres sont enterrés dans des fosses communes. Les plus riches, nobles, notables, bourgeois et les religieux veulent être inhumés à l’intérieur de l’église. Seuls les plus riches ont un véritable tombeau, les autres sont inhumés sous des dalles de pierre

Plan du parc du château de Sceaux, fin XVIIème-début XVIIIème, plan manuscrit, lavis et encre noire, Centre historique des Archives nationales, Paris, archives de la Maison de France, Arch; nat; 300 AP 1 181

Sceaux n’échappe pas à la règle. Le cimetière est établi autour de l’église, plus précisément, à l’ouest et au nord du bâtiment.Victor Advielle qui, dans son livre sur Sceaux, a minutieusement étudié les registres paroissiaux d’état civil, signale à de nombreuses reprises les inhumations dans l’église (Victor Advielle, Histoire de la ville de Sceaux, p. 218-230, chapitre VI, Sceaux sous Colbert.). Cependant le lieu d’inhumation n’est pas toujours précisé dans les actes.

Au XVIIIème siècle, le duc du Maine (mort à Sceaux en 1736), la duchesse du Maine (morte à Paris en 1753) et leur dernier fils, le comté d’Eu (mort à Sceaux en 1775) furent inhumés dans un caveau creusé au milieu du chœur de l’église. Ce caveau était recouvert d’une dalle en marbre noir qui existe toujours. Madame de Staal-Delaunay, dame de compagnie de la duchesse, y fut enterrée en 1750.

Au XVIIIème siècle, Les progrès de la médecine et de l’hygiène permettent de comprendre qu’il est malsain d’enterrer les morts dans les églises et que les cimetières devraient être éloignés des lieux de vie ; cependant la coutume d’enterrer les morts près des lieux de culte reste bien ancrée.

En 1776, une ordonnance royale interdit définitivement l’inhumation dans les églises.

A Sceaux, dans la deuxième moitié du XVIIIème siècle, le cimetière est toujours à côté de l’église mais on pense à le déplacer. Dans La Promenade de Sceaux-Penthièvre, parue en 1778, Claude Gaignat de l’Aulnay indique page 11 : « Il y a le cimetière qui est mal placé, puisqu’il est dans la rue la plus apparente de la Paroisse et vis à vis de l’Eglise, ce qui est contre les Edits, Arrêts et Ordonnances. Qu’on vende le terrain, qu’on transfère tous les ossements des morts, et qu’on achète un autre terrain à la proximité de l’ Eglise. »

2° le cimetière de la rue du Petit-Chemin

A la fin du XVIIIème siècle, le cimetière fut transféré rue du Petit-chemin à quelques dizaines de mètres de l’église (aujourd’hui 5 rue des Ecoles, à l’emplacement de l’étude notariale)[1]. C’est dans ce cimetière que fut enterré le fabuliste Jean-Pierre de Claris de Florian (1755-1794) en septembre 1794. La tombe demeura dans ce lieu bien après la fermeture de ce cimetière (1813). En 1836, les restes de Florian furent transportés dans un petit terrain contigu au flanc nord de l’église. Trois ans plus tard, le 13 décembre 1839, à la suite d’une souscription communale à laquelle participa le roi Louis-Philippe, un buste en bronze du poète par Devéria fut inauguré à l’emplacement de la tombe.

3° le cimetière de la rue Houdan (174 rue Houdan)

En 1806, Un arrêté préfectoral prescrivit la suppression du cimetière de la rue du Petit Chemin, situé en centre ville.

En 1808 le conseil municipal fit l’acquisition d’un terrain à l’ouest de la ville, à l’époque loin des habitations. L’ouverture eut lieu en 1814.[1] La 4ème division est la plus ancienne. Les tombes ont souvent été creusées sans beaucoup de symétrie.


[1] Abbé Cauvin, Sceaux-Penthièvre : documents historiques et administratifs par l’abbé Cauvin, curé de Sceaux, manuscrit, 1846. Edition des manuscrits, Amis de Sceaux, vers 1930.

1] Sceaux, notice historique et renseignements administratifs. Montevrain, 1988 (Etat des communes à la fin du XIXème siècle.)

Françoise PETIT, Thérèse PILA, « le Cimetière de Sceaux », Bulletin des Amis de Sceaux, n°13, 1996, p. 3-39




L’histoire du  Palais-Bourbon  est indissociable de celle de l’hôtel de Lassay.  Les deux hôtels de plaisance furent en effet construits sur un terrain au bord de la Seine, acquis par la duchesse de Bourbon, sœur du duc du Maine et du comte de Toulouse,  pour elle et son ami le marquis de Lassay entre 1722 et 1728. Peu après, l’hôtel de Lassay fut incorporé au domaine qui prit le nom de Petit-Bourbon.  Acheté ensuite par Louis XV, puis par le prince de Condé qui l’embellit, il est confisqué sous la Révolution. Déclaré bien national en 1791, le Palais Bourbon  abrite la future Ecole Polytechnique, puis sous le Directoire, le Conseil des Cinq-Cents. En 1798, un premier hémicycle est construit dans le grand appartement de la duchesse pour recevoir les cinq-cents députés. Entre-temps, l’hôtel de Lassay réuni à son voisin par une galerie, abrite à son tour l’Ecole Polytechnique, puis devient la résidence du président de l’Assemblée.

En 1807, Napoléon fait élever la façade actuelle par l’architecte Poyet, en biais par rapport à l’alignement du quai et surélevée grâce à une envolée de trente marches de façon à être visible de la place de la Concorde. Son austère colonnade et le fronton allégorique sont  en harmonie avec le péristyle grec de la Madeleine.

coll.privé

En 1827, le Palais Bourbon est acquis par l’Etat pour y installer la Chambre des Députés . L’hémicycle est transformé en 1829 par l’architecte Jules de Joly et prend alors sa forme actuelle

Le fauteuil du président sculpté par Lemot date du Conseil des Cinq-Cents.

Les  plafonds de la bibliothèque, construite en 1830, ont  été décorés par Delacroix. Elle contient 700 000 volumes

col.privé

En 1845, la galerie qui reliait les deux  hôtels est transformée par le même architecte et devient la Galerie des Fêtes,  richement décorée et inaugurée en 1848. Elle sert de passage au président de l’Assemblée quand il quitte l’hôtel de Lassay pour se rendre en séance.

Le Palais-Bourbon est alors profondément remanié. L’hémicycle est entouré de plusieurs salles ou salons (Salle des Pas-perdus, salon Delacroix, salon Casimir Périer , salon Pujol), reliés entre-eux et empruntés par les parlementaires, les membres du gouvernement et la presse  Des escaliers latéraux permettent à la presse et au public d’accéder à la galerie supérieure qui domine les travées, la tribune des orateurs et le bureau du président appelé le « perchoir ». Les débats font l’objet d’une version numérisée disponible sur le site officiel de l’Assemblée nationale.

Le salon Casimir Périer donne accès à l’hémicycle par deux escaliers latéraux, l’un à droite, l’autre à gauche, cette distinction sur le plan politique datant de la Révolution. Il s’ouvre également sur la Cour d’Honneur qui servait d’entrée à la duchesse de Bourbon par  la rue de l’Université. C’est le seul vestige de cette époque avec la salle des Conférences, ancienne salle à manger de la duchesse.

La Cour d’Honneur accueille en son centre depuis 1989, la sphère des Droits de l’Homme.

Portail du monastère

Nous sommes habitués à l’animation  au moment de la sortie des élèves de l’externat Sainte - Jeanne d’Arc, 27 rue des Imbergères , mais qui se souvient du monastère situé au n° 29 ?

Ce monastère était occupé par des religieuses dont l’ordre fut fondé  par Isabelle de Clermont-Tonnerre, petite fille du duc de Clermont-Tonnerre,  ministre de la Guerre de Charles X, qui comptait dans sa lignée familiale plusieurs saints canonisés, notamment saint Bernard, saint Amédé et sainte Chantal veuve du comte d’Orsel.

Veuve, Isabelle entra en religion. Devenue  Mère Isabelle Marie de Gesthémanie,  elle entreprit de fonder un ordre de religieuses cloîtrées, contemplatives,  qui prient : c’est la définition des “Orantes”. Elles dépendent de l’ordre de l’Assomption créé en 1845, par le père Emmanuel d ‘Alzon. A côté des orantes cloîtrées à blanche tunique, les sœurs “tourières” habillées de noir assurent la liaison avec le monde extérieur.

La communauté s’installe en avril 1919, reprenant les locaux et le parc d’un hectare,  occupés par l’Institution Maintenon, pensionnat qui ferma ses portes définitivement à la rentrée de 1918.

Mère Isabelle cherchait pour ses religieuses entièrement vouées à la prière un lieu calme, champêtre et sain. Une épidémie de grippe espagnole venait en effet de décimer la communauté parisienne. Une soixantaine de religieuses cloîtrées vécurent, très discrètement dans notre ville jusqu’en 1969. On ne les voyait guère, quelques échos de leur vie étaient donnés régulièrement dans le journal paroissial “La Flèche de Sceaux”. Ce fut un événement quand, pour participer en 1946 aux élections municipales comme toutes les femmes, elles sortirent par petits groupes du monastère .

Quand elles décident de vendre et d’aller s’installer à Bonnelles, dans les Yvelines, pour retrouver le calme et l’espace  qu’elles avaient perdus à Sceaux,  les Scéens s’inquiètent et craignent la construction d’immeubles modernes,  qui ferait perdre son caractère à une des plus anciennes rues de Sceaux. Plusieurs propositions sont faites dont la construction d’ateliers d’artistes.

Finalement, le bâtiment du pensionnat, toujours visible, fut repris par l’externat Sainte –  Jeanne d’Arc ; la résidence Paul Couderc fut construite en retrait de la rue, des bâtiments discrets sont dispersés dans le parc préservant quelques arbres ;  d’autres furent plantés conservant un espace de verdure  autour d’un bassin .Le gymnase de l’école  du centre fut démoli et reconstruit en face pour laisser place à des logements sociaux .

Ce fut le début des transformations dans la rue des Imbergères.